Face au piège des «Compétences» patronales, renforçons la reconnaissance des diplômes nationaux !

LES COMPÉTENCES, C’EST LE PIÈGE INDIVIDUALISTE

« Mais le véritable danger, c’est qu’avec cette politique, chaque salarié ne disposera que de compétences individuelles. C’est le retour du Livret ouvrier qui existait au XIXème siècle avant l’apparition des diplômes ! Plus de possibilité de garantir collectivement sa qualification et donc son salaire !!!
Car derrière cet individualisme, il y a la destruction programmée des diplômes et donc la généralisation de la rémunération à la tête du client. Avec un tel système on pourra donc voir son salaire diminuer puisqu’il n’y aura plus de grille collective !
Dans notre profession, nous voyons apparaître de plus en plus de formations qui ne débouchent sur un aucun diplôme. Elles offrent juste une petite certification non reconnue dans la Convention Collective.
Ainsi l’AFPA, téléguidée par les fédérations patronales, vient de créer un Certificat de Compétences Professionnelles. Le patronat peut alors utiliser des ouvriers comme tacherons, sur des activités répétitives et spécialisées. Et les payer en bas de l’échelle des salaires ! »

📌 Tract fait par le collectif jeune CGT Construction 31, force à eux ! 🤝

Version complète du texte en PDF : http://jeunessesyndicaliste.org/wp-content/uploads/2019/09/2019-09_JS_Jeunes_CGT_Construction_31_Conventions_Collectives_et_Diplomes.pdf

Lettre ouverte des Jeunesses Syndicaliste aux camarades de la Fédération Syndicale Etudiante

Pour un débat serein et constructif sur les outils de la victoire

Cher-e-s camarades de la nouvelle FSE,

Nous nous réjouissons de votre démarche qui consiste à clarifier et réhabiliter des moyens et des pratiques syndicales de lutte qui n’étaient plus en phase avec l’UNEF. Nous vous soutenons donc et vous souhaitons tous nos vœux de réussite. Profitant de votre initiative, et avant votre congrès constitutif de fin juin, permettez-nous d’engager avec vous une réflexion concernant votre « vision du syndicalisme » et des propositions.

Au vu des défaites répétées depuis une dizaine d’années concernant les « mobilisations jeunes », notamment étudiantes, il nous semble nécessaire que nous échangions ensemble sur les outils de la victoire et que nous tirions le bilan de ce qui a marché et de ce qui n’a pas marché chez les organisations et générations précédentes, lycéennes et étudiantes. Loin de nous l’idée de faire la leçon, nous avons à apprendre mutuellement de l’histoire et de nos expériences.

Les Jeunesses Syndicalistes (JS) se sont reformées en septembre 2018, rassemblant des jeunes de la CGT mais aussi d’autres organisations, afin de préparer une plate-forme de textes pour les mouvements à venir. Ces textes se sont retrouvés dans plusieurs villes comme support d’une mobilisation lycéenne qui fut livrée à elle-même (le bilan de ce mouvement, par nos soins, est disponible sur notre site). Nous disons « re »formées car les JS sont le nom historique des jeunes syndicalistes de la CGT structurés avant et après la première guerre mondiale. Nous nous inspirons de ce modèle, et avons l’ambition de reformer un mouvement syndical de jeunesse fort rassemblant lycéen-nes des filières pro. et générales, étudiant-e-s, jeunes travailleurs-euses, privés d’emplois et précaires. Ce mouvement de jeunesse, nous entendons l’affilier au moment venu à la confédération syndicale de classe CGT. Nous considérons que les différents secteurs de la jeunesse ont comme point commun : la précarité, des problèmes liés à l’accès au logement, à la formation, à la sociabilité et à la culture. Sur ces points, une organisation liant le tout est indispensable.

Pour nous, la FSE se pose les bonnes questions et a une analyse de la situation très proche de la nôtre. Nous attendions donc beaucoup du processus qu’avait engagé la TUAS en sein de l’UNEF jusqu’à ce qu’elle quitte l’organisation étudiante historique. Il nous semblait que la TUAS se rapprochait de la CGT avec le développement de syndicats étudiants et lycéens CGT (que nous soutenons). Nous sommes donc étonnés de la tournure qu’a pris pour l’instant le processus de scission, à savoir déboucher sur une nouvelle organisation étudiante, reproduisant (semblerait-il) les mêmes erreurs que les générations précédentes. Car l’effondrement des organisations de jeunesse vient essentiellement du fait que cette jeunesse est restée trop longtemps cloisonnée en organisations spécifiquement lycéennes et spécifiquement étudiantes, sans lien concret avec les organisations de classe et de masse. Ce constat nous semble donc contradictoire avec ce que vous affirmez dans le point 5 « Nous refusons de nous enfermer dans un entre-soi militant coupé des masses et tirons cette leçon du bilan des organisations nous ayant précédés ».

Nous ne remarquons pas la « massification » de l’entrée des classes populaires dans le supérieur dont vous parlez dans le « 1er Point : Sur la lutte des classes dans l’Enseignement supérieur ». Depuis plus de 5 ans, le phénomène s’est au contraire inversé. L’application catastrophique de Parcours-sup, l’augmentation des frais d’inscriptions, des loyers, des prix des services du CROUS et des mutuelles étudiantes ; la concentration progressive des étudiant-e-s autour de pôles géographiques alignés sur la réforme des régions et l’autonomie des universités ; la perte de reconnaissance des diplômes et des filières, notamment en Licence, ainsi que l’allongement du temps de travail allant avec les réformes de la retraite sont au contraire en train d’éloigner les jeunes issus des milieux populaires. L’université a tendance à redevenir l’institution d’élite qu’elle était il y a plus d’un siècle en étant une fac ouverte aux intérêts privés et fermée aux enfants d’ouvriers. Dans ces conditions, un syndicalisme spécifiquement étudiant n’est-il pas tout autant un syndicalisme d’élite ? C’est-à-dire corporatiste.

Ce syndicalisme spécifiquement étudiant que vous semblez vouloir maintenir pour le moment, est, selon nous, très éloigné de ce que vous exposez dans les points 2 et 3sur les travailleuses et travailleurs en formation et sur le syndicalisme étudiant. Il nous semble faux et contradictoire de dire que «  Cette matérialisation de la lutte des classes nécessite la reconnaissance d’une forme particulière de syndicalisme : le syndicalisme étudiant. » Au contraire, la matérialisation de la lutte des classes nécessite la reconnaissance particulière du syndicalisme de classe. Or le syndicalisme étudiant, dont l’existence repose sur les « masses étudiantes » (différentes des « masses » dans une analyse de classe) et sur l’adhésion en tant qu’étudiant avec des problématiques spécifiques, n’est pas du syndicalisme de classe. Car ce qui caractérise le syndicalisme de classe, c’est l’adhésion au syndicat de par son identité et son intérêt de classe (en l’occurrence le prolétariat, la classe ouvrière), mais surtout la volonté de casser les cloisonnements que nous imposent nos adversaires et unifier la classe sur des bases pratiques communes en vue d’émancipation.

Par exemple, dans le syndicalisme professionnel, le syndicalisme de classe incarné par la CGT (dont l’identité et la stratégie sont définies par la Charte d’Amiens de 1906), a toujours veillé, historiquement, à lutter contre les syndicats d’entreprises et les corporatismes en privilégiant les syndicats d’industrie par localité et l’aspect interprofessionnel de la confédération. Ainsi, un syndicat ou une fédération qui n’est pas affilié à la confédération syndicale de classe ne peut pas faire du « syndicalisme de classe » même s’il s’en revendique et s’il en est convaincu. Le syndicalisme de classe n’est pas un slogan ou une posture, c’est bien une pratique qui ne peut exister qu’avec l’organisation adéquate. C’est-à-dire une confédération syndicale de classe et de masse, comme la CGT.

Nous partageons votre analyse concernant la prolétarisation et la précarisation des étudiant-e-s. En cela, il serait d’autant plus logique, pour nous, de rompre au plus vite avec le syndicalisme étudiant qui est la base des échecs de ces dernières années. Les étudiant-e-s travaillent et leur cursus de formation est professionnel. L’organisation syndicale étudiante doit donc rejoindre les organisations syndicales de travailleurs-euses. Cette rupture n’empêche pas la « forme particulière du syndicalisme : le syndicalisme étudiant » que vous voulez garder. Car il suffit simplement de créer des sections syndicales étudiantes à l’intérieur de syndicats lycéens-étudiants-apprentis-privés d’emplois, eux-mêmes rattachés à une fédération nationale de jeunesses syndicalistes, elle-même rattachée à la confédération syndicale de classe. Le lien étudiant-travailleur est alors assuré tout naturellement et a bien cette fois une dimension « de classe » et « de masse ».

Les Jeunesses Syndicalistes vous font donc les propositions suivantes : un rapprochement de la FSE avec les JS en développement, etl’objectif d’unification avec les SEL-CGT dans la confédération. Ceci, afin de structurer et fédérer syndicalement le mouvement de la jeunesse, de partir à l’offensive avec des outils forgés pour la victoire. Il s’agit aussi de peser au cœur des confédérations syndicales de classe qui débattent en interne autour de la syndicalisation des jeunes. Cette syndicalisation est bien évidemment un enjeux prioritaire. De plus, l’implantation et le développement des SEL-CGT, des JS et de la FSE est complémentaire afin d’avoir un maillage national suffisamment conséquent pour impulser des mouvements massifs et coordonnés. La possibilité de rapprochement et de double adhésion est rendue possible par votre « 4ème Point : Sur nos moyens et pratiques syndicales » et le « 9ème Point : Sur l’indépendance syndicale ».

Le climat : tous et toutes coupables ?

Le patronat et le gouvernement répètent continuellement que la seule façon de sauver la planète est de changer nos habitudes quotidiennes… et pourtant ! On estime que :

  • 1/4 de la pollution vient du transport… alors que le ferroviaire subit des attaques répétées qui détruisent de petites lignes rurales et des liaisons inter-cités !
  • 1/4 de la pollution vient des entreprises… beaucoup de patrons mettent tous les jours la santé des travailleuses et des travailleurs en danger en négligeant les formations, les règles d’hygiène et de sécurité, en polluant, comme dans les branches du nettoyage et du BTP.
  • 1/4 de la pollution vient de la consommation individuelle… et on fait culpabiliser les prolétaires qui n’ont pas les moyens de consommer en « éco-responsables ».
  • 1/4 de la pollution vient de l’agriculture… alors que les travailleurs et travailleuses de l’agriculture subissent, en même temps que l’environnement, la loi de la jungle capitaliste ainsi que les nombreuses maladies professionnelles, conséquences à la pollution et au rythme de vie.


La vérité est sous nos yeux : les pollutions viennent majoritairement
des secteurs de nos vies liés au système capitaliste qui nous domine et nous broie !


Ce sont bien les travailleurs, et surtout les travailleuses, de plus en plus poussé-e-s dans la précarité, qui sont logé-e-s dans les endroits où la pollution sonore et aérienne sont les plus fortes.
La situation des étudiant-e-s pauvres et des jeunes travailleurs-euses est encore plus catastrophique !
Regardons l’état des HLM et des cités universitaires : la majorité s’effritent, sont mal isolés, et sont des passoires énergétiques d’un autre temps…
Certaines associations écologistes conseillent de mettre un pull et de baisser le chauffage… mais il faudrait déjà pouvoir se chauffer tous les jours sans avoir à choisir avec d’autres factures ou dépenses quotidiennes !
Nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles sont causées par les pollutions et l’exposition aux produits chimiques. Il y a plus de morts au travail qu’il y a de morts par les guerres aujourd’hui ! Comment un système qui méprise les travailleurs-euses pourrait prendre soin de la planète ?! En tant qu’organisation syndicale, nous luttons pour le droit à la vie, digne, sans pollution ni problèmes de santé.


Parce que le capitalisme « vert » et responsable n’existe pas !
Mobilisons-nous toutes et tous le 15 mars pour un meilleur avenir !
Nous ne voulons plus perdre notre vie à la gagner ! Pour nous et pour après !



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Mouvement étudiant et lycéen 2018 – Quel bilan ? Quels outils ?

Le vendredi 30 novembre, des dizaines d’établissements généraux et professionnels ont été touchés par la mobilisation lycéenne. Blocages et manifestations se sont répandus avec, comme point de départ un appel du syndicat lycéen UNL sur les réseaux sociaux. Pendant les trois premières semaines de décembre, les lycéens se sont mobilisés en ordre dispersé, alternant chacun dans son coin mobilisation et reprise des cours. Les étudiants, tout aussi divisés et isolés, n’ont pas réglé leurs problèmes d’or ganisation déjà très préoccupants l’année dernière. Retour sur un déroulement problématique et propositions pour une meilleure organisation.

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