Mouvement étudiant et lycéen 2018 – Quel bilan ? Quels outils ?

Le vendredi 30 novembre, des dizaines d’établissements généraux et professionnels ont été touchés par la mobilisation lycéenne. Blocages et manifestations se sont répandus avec, comme point de départ un appel du syndicat lycéen UNL sur les réseaux sociaux. Pendant les trois premières semaines de décembre, les lycéens se sont mobilisés en ordre dispersé, alternant chacun dans son coin mobilisation et reprise des cours. Les étudiants, tout aussi divisés et isolés, n’ont pas réglé leurs problèmes d’or ganisation déjà très préoccupants l’année dernière. Retour sur un déroulement problématique et propositions pour une meilleure organisation.

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Des Jeunesses Syndicalistes, pour quoi faire ?

Depuis plusieurs années, le mouvement de la jeunesse connaît une série d’échecs lors de ses mobilisations. Les luttes ont du mal à s’organiser localement et encore plus à un niveau national. Or, les principales batailles concernent des enjeux nationaux, voire à plus grande échelle.

Les mouvements sociaux de 2016 et du printemps 2018 ont été révélateurs de cet état de fait. ce constat est d’autant plus déroutant que les victoires sociales passées furent le fruit de l’implication massive des jeunes travailleurs dans les luttes revendicatives.

Les jeunes ne se syndiquent plus, ne rejoignent pas les organisations qui leur permettraient de se construire un avenir collectif. nous ne pouvons nous contenter d’une radicalité de façade, il nous faut reconstruire et réinvestir des outils de lutte qui, lorsqu’ils sont bien utilisés, ont prouvé leur efficacité par le passé.

Ce n’est pas un hasard si les échecs des mouvements sociaux d’aujourd’hui coïncident avec la décomposition des organisations de jeunes. Les conséquences sont désastreuses pour l’ensemble des travailleurs, mais surtout pour la jeunesse. on peut le voir dans les filières générales avec l’application de Parcoursup. dans les filières professionnelles, c’est encore plus vrai avec les réformes de l’apprentissage et de l’enseignement professionnel, la multiplication des stages abusifs et l’instauration des « cdi de chantier ».

Nous, jeunes travailleurs et travailleuses, subissons de plein fouet les mutations du travail et les politiques antisociales des gouvernements bourgeois qui se succèdent. c’est vrai pour tous les jeunes prolétaires, c’est-à-dire ceux qui doivent vendre leur force de travail aux capitalistes. Que nous soyons en formation (lycéens, étudiants ou en alternance), en cdi, privés d’emplois ou précaires, nous sommes les plus touchés par l’instabilité professionnelle, politique et économique. nous occupons les postes les plus exposés, les moins considérés, sans protection et sans appuis, contraints de suivre des formations de plus en plus dévalorisées, difficiles d’accès et de moins en moins qualifiantes. notre avenir se résume, chaque jour davantage, à survivre pour servir une classe de profiteurs.

La jeunesse a besoin d’une organisation syndicale

Nous partageons largement ce constat et ces difficultés, mais, pour autant, cela ne provoque pas notre implication massive dans l’action collective. elle est pourtant indispensable, car nous sommes le pilier fondamental des mobilisations, le principal pivot dans la réussite des futures luttes.

Jamais la jeunesse travailleuse n’a eu autant besoin d’une organisation syndicale qu’aujourd’hui. Car le seul moyen de revendiquer collectivement et de faire pencher le rapport de forces en notre faveur, c’est de s’organiser et d’agir collectivement de façon autonome.

Nous ne voulons pas créer une nouvelle organisation parmi la multitude d’appareils, groupusculaires ou non, qui s’agitent dans la rue et qui ne disposent d’aucune indépendance d’action. La plupart sont dirigés par des meneurs qui se disposent ensuite à rejoindre les rangs du patronat ou de la bureaucratie politicienne. Pour rassembler des secteurs massifs de la jeunesse, nous devons donc disposer d’une vraie organisation syndicale indépendante, dans la tradition de la CGT historique et de sa charte d’amiens.

Les Jeunesses syndicalistes n’agissent pas en concurrence avec les confédérations syndicales existantes, mais portent la revendication de la réunification syndicale dans une seule et puissante confédération. dans l’attente d’une telle réunification, nous appelons nos membres à y adhérer pour établir un lien direct avec tous les travailleurs.

Nous refusons également la division artificielle entre travailleurs en activité, en alternance, privés d’emplois, lycéens et étudiants : nous avons les mêmes problèmes, nous passons souvent d’un statut à l’autre. Pour être efficaces et maintenir une organisation stable, nous devons donc disposer d’un outil de lutte qui maintienne des liens entre nous.

Grâce aux Jeunesses syndicalistes, nous entendons mener des luttes collectives et durables.

  • Améliorer nos qualifications, nos diplômes et donc la fierté d’être de ceux et de celles qui, malgré les conditions d’exploitation capitaliste, produisent les biens et les services nécessaires à la population.
  • Redynamiser la culture ouvrière d’un travail bien fait face à ceux qui, pour des impératifs de rentabilité, le sabotent.
  • Agir sur les problématiques qui concernent les jeunes travailleurs : logement, réforme de la formation professionnelle, de l’université, précarité…
  • Lutter contre l’isolement et le repli en refaisant du syndicat un outil de sociabilité dépassant le cadre de l’entreprise, du lieu de formation. il ne s’agit donc plus de suivre le calendrier de l’adversaire ou de multiplier les agitations sans lendemain. c’est à nous de prendre l’initiative !

En reprenant le nom des Jeunesses syndicalistes, nous voulons nous réapproprier l’expérience de cette puissante organisation qui existait autrefois. organisation interne à la CGT unifiée, elle agissait avec efficacité et en lien avec les forces de la confédération. Les Jeunesses syndicalistes ont été un modèle, inspirant nombre d’organisations ouvrières dans le monde entier.

C’est cette capacité d’organisation et cette culture de la victoire que nous voulons faire renaître. alors, créez des Jeunesses syndicalistes dans votre lycée, dans votre CFA, dans votre université, dans votre syndicat professionnel, dans votre union locale !

LE SYNDICALISME, C’EST QUOI ?

Le moyen de nous organiser collectivement en dehors des idéologies politiques, philosophiques ou religieuses. Ce n’est pas une assurance travail ou sociale fournissant ponctuellement quelques services à des personnes isolées. Le syndicalisme doit retrouver sa nature émancipatrice et à tous les niveaux de son action (dans les entreprises, dans les quartiers, dans les centres d’éducation et de formation, sur le terrain culturel).

Par le syndicalisme, nous pourrons reconstruire une culture et une organisation sociale puissantes afin que la jeunesse et toute la population disposent d’une vie sociale.

La bourgeoisie tente de nous imposer son modèle communautariste et la société de consommation ne nous offre que des marchandises et des loisirs individualistes. Face à ces poisons, nous estimons que la culture doit être partagée par tous les travailleurs, c’est-à-dire être sociale. Cette culture de classe fraternelle est la condition première à toute transformation sociale. Car si nous ne construisons pas, dès aujourd’hui, une contre-société face au capitalisme, jamais nous ne disposerons de l’expérience suffisante pour changer de société. Si tout ce qui existe dans la société est le fruit du travail, le syndicat étant l’organisation de défense des travailleurs, alors le syndicalisme doit être le fer de lance de notre libération et base de réorganisation sociale.

Les JS, c’est quoi ?

Les Jeunesses syndicalistes (JS) sont une organisation syndicale de jeunes travailleurs ou en formation (filières générales et professionnelles des lycées, universités, centres d’apprentissage) visant à défendre leurs intérêts dans les domaines économiques, politiques et culturels via :

  • l’entraide (conseils, orientation et actions autour de problématiques spécifiques comme le logement, la formation professionnelle, la précarité, la désocialisation, etc.)
  • la formation (politique, culturelle, syndicale, historique, professionnelle)
  • la sociabilité (sport ouvrier et populaire, concerts et projections de film, loisirs autogérés, fêtes, etc.).

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