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L’université selon Parcour’sup

Parcoursup devait remplacer Admission post-bac et en résoudre les carences, notamment le tirage au sort (que bien sûr on ne cautionne pas) après les scandales de 2017. Les procédures s’annonçaient « claires, justes et transparentes ». On a été servis !

Pour la clarté, on repassera : malgré les guides d’utilisation et les reportages dans les médias et sur le site de Parcoursup lui-même, de nombreux lycéens et leurs familles ont évoqué de lourdes difficultés dans l’utilisation de la plate-forme, jusqu’à ne pas trouver la formation qu’ils recherchaient. la justice ? comme avec aPB, de nombreux étudiants sont restés de longs mois dans l’angoisse, attendant les différentes vagues de réponses, et 3 000 au moins restent encore aujourd’hui sans aucune proposition. la transparence sur les chiffres étant pour le moins aléatoire et plus que jamais dépendante des interprétations que l’on veut bien en faire, difficile d’être plus précis… Quant à l’équité dans le recrutement, si on aurait pu saluer la fin théorique du tirage au sort, on peut s’interroger sur la justice et la transparence des critères, presque jamais rendus publics par les universités et que les responsables de formation peuvent, semble-t-il, fixer tout à fait librement. D’autant que, finalement, dans certaines formations universitaires, les dossiers étant tellement nombreux et le départage humainement impossible à réaliser, les pratiques de tirage au sort ont continué. tirage au sort qui avait fait tant de bruit l’an dernier… alors qu’il ne concernait que 2 400 bacheliers, soit 0,4 % du total des inscrits sur aPB ! on voit donc que la réforme n’était pas faite pour assurer davantage de justice entre les bacheliers…

Outre Parcoursup, qui introduit une sélection à l’entrée à l’université, la loi orientation et réussite des étudiants comprenait d’autres volets, dont notamment, la fin du régime spécifique de sécurité sociale des étudiants ! on peut aussi poser la question du « débat démocratique » en voyant l’agenda de sa mise en place : la loi n’a été promulguée que le 8 mars 2018, après avoir été adoptée par l’assemblée nationale et le sénat le 15 février. les lycéens devaient s’inscrire et « saisir leurs vœux » entre le 22 janvier et le 13 mars. et l’avant-projet n’a été présenté à l’assemblée nationale qu’en décembre 2017… Vous avez dit « baclé » ?! cette précipitation dans le processus et l’urgence imposée aux enseignants pour remplir le logiciel laissaient donc peu de place au débat. les enseignants ont d’ailleurs, pour beaucoup, perçu la sélection déguisée, abusive et à la limite de la légalité via le logiciel Parcoursup : tout, sans aucune limite, semble pouvoir devenir un critère que l’on transformera en note chiffrée ! De nombreux départements, voire des facultés entières, se sont prononcés contre Parcoursup, refusant d’en remplir les critères puis, par la suite, de classer les candidats et de trier les candidatures. Par ailleurs, des sanctions pourraient avoir été prises contre les récalcitrants. la seule amélioration notable semble être la suppression officielle du tirage au sort. soit. Pour le reste, on garde les mêmes problèmes et on continue, en complexifiant encore le travail des équipes enseignantes. 70 % des lycéens devaient avoir obtenu une réponse avant les premières épreuves du bac le 22 mai, c’était la promesse du gouvernement. aucun chiffre officiel n’a finalement été publié. le logiciel a été suspendu pendant les épreuves du bac, puis les réponses ont continué en « phase principale » jusqu’au 26 juin (là encore, aucun chiffre…), date à laquelle a été ouverte la phase complémentaire, qui doit durer jusqu’au 21 septembre. là encore, ça pose pas mal de questions : la plupart des universités étant fermées du 15 juillet au 15 août et la majorité des formations commençant désormais sur un calendrier très proche du calendrier scolaire, à quoi rime cette date du 21 septembre ? les derniers lycéens affectés le seront donc après le début des cours, dans certains cas même après la fin des inscriptions. De même, pendant l’été, les délais de réponse accordés aux lycéens étaient très courts : trois jours du 26 juin au 20 août, puis seulement un jour à partir du 21 août ! sans réponse, la place est perdue. Vacances sereines en perspective ! sans compter que cela impose de pouvoir consulter Internet plusieurs fois par jour. au-delà de toutes ces considérations qui peuvent paraître techniques pour ceux qui ne se sentent pas concernés, on se rend surtout compte de la médiocrité des politiques publiques et du choix de société qui est fait à travers Parcoursup. c’est là un plan politique global que l’on retrouve partout et où les jeunes sont en premier visés ! Précarité, logement, formation professionnelle, désocialisation, chômage… toutes les réformes et lois actuelles sont faites pour nous orienter en fonction des besoins des patrons et des capitalistes.

Pour renverser la balance, il faut agir collectivement, être acteurs et non spectateurs. Alors rejoins-nous, rejoins les Jeunesses syndicalistes !

 

Quelles solutions pour les « déçus » ?

  • Accepter une formation qui ne leur plaît pas ou ne correspond pas à leur projet personnel ou professionnel. Désormais, les jeunes ne classent plus leurs vœux par ordre de préférence et ils ont eu une affectation qui figurait parmi leurs voeux sans qu’il s’agisse de leur souhait préférentiel. Il en est même parfois très loin : des langues à la place de Staps, mais le logiciel considère alors que c’est un lycée qui a eu une proposition ! Combien d’entre eux vont abandonner la première année et se retrouver sans rien ?
  • Opter pour la même formation dans le privé : hors de type licence dans le commerce. À condition le cas notamment de nombreux Bts et de formations de nne juste pour les frais d’inscription. Parde pouvoir consacrer au moins 5 000 euros par an en moye marchandisation de l’enseignement, dans coursup se révèle donc un formidable accélérateur de la regarder le nombre de boîtes qui proposent le supérieur en particulier, mais pas seulement. Il suffit de n à leur place pour la plate-forme. aux futurs bacheliers de rédiger cV et lettres de motivatio er les doigts ! Depuis plus de vingt ans, le
  • Attendre un an et « améliorer son dossier »… et crois au nombre de nouveaux bacheliers. alors, nombre de places créées dans le supérieur est inférieur du 42 dans du 36 ! aPB ou Parcoursup, peu importe : on ne fera pas entrer

Des Jeunesses Syndicalistes, pour quoi faire ?

Depuis plusieurs années, le mouvement de la jeunesse connaît une série d’échecs lors de ses mobilisations. Les luttes ont du mal à s’organiser localement et encore plus à un niveau national. Or, les principales batailles concernent des enjeux nationaux, voire à plus grande échelle.

Les mouvements sociaux de 2016 et du printemps 2018 ont été révélateurs de cet état de fait. ce constat est d’autant plus déroutant que les victoires sociales passées furent le fruit de l’implication massive des jeunes travailleurs dans les luttes revendicatives.

Les jeunes ne se syndiquent plus, ne rejoignent pas les organisations qui leur permettraient de se construire un avenir collectif. nous ne pouvons nous contenter d’une radicalité de façade, il nous faut reconstruire et réinvestir des outils de lutte qui, lorsqu’ils sont bien utilisés, ont prouvé leur efficacité par le passé.

Ce n’est pas un hasard si les échecs des mouvements sociaux d’aujourd’hui coïncident avec la décomposition des organisations de jeunes. Les conséquences sont désastreuses pour l’ensemble des travailleurs, mais surtout pour la jeunesse. on peut le voir dans les filières générales avec l’application de Parcoursup. dans les filières professionnelles, c’est encore plus vrai avec les réformes de l’apprentissage et de l’enseignement professionnel, la multiplication des stages abusifs et l’instauration des « cdi de chantier ».

Nous, jeunes travailleurs et travailleuses, subissons de plein fouet les mutations du travail et les politiques antisociales des gouvernements bourgeois qui se succèdent. c’est vrai pour tous les jeunes prolétaires, c’est-à-dire ceux qui doivent vendre leur force de travail aux capitalistes. Que nous soyons en formation (lycéens, étudiants ou en alternance), en cdi, privés d’emplois ou précaires, nous sommes les plus touchés par l’instabilité professionnelle, politique et économique. nous occupons les postes les plus exposés, les moins considérés, sans protection et sans appuis, contraints de suivre des formations de plus en plus dévalorisées, difficiles d’accès et de moins en moins qualifiantes. notre avenir se résume, chaque jour davantage, à survivre pour servir une classe de profiteurs.

La jeunesse a besoin d’une organisation syndicale

Nous partageons largement ce constat et ces difficultés, mais, pour autant, cela ne provoque pas notre implication massive dans l’action collective. elle est pourtant indispensable, car nous sommes le pilier fondamental des mobilisations, le principal pivot dans la réussite des futures luttes.

Jamais la jeunesse travailleuse n’a eu autant besoin d’une organisation syndicale qu’aujourd’hui. Car le seul moyen de revendiquer collectivement et de faire pencher le rapport de forces en notre faveur, c’est de s’organiser et d’agir collectivement de façon autonome.

Nous ne voulons pas créer une nouvelle organisation parmi la multitude d’appareils, groupusculaires ou non, qui s’agitent dans la rue et qui ne disposent d’aucune indépendance d’action. La plupart sont dirigés par des meneurs qui se disposent ensuite à rejoindre les rangs du patronat ou de la bureaucratie politicienne. Pour rassembler des secteurs massifs de la jeunesse, nous devons donc disposer d’une vraie organisation syndicale indépendante, dans la tradition de la CGT historique et de sa charte d’amiens.

Les Jeunesses syndicalistes n’agissent pas en concurrence avec les confédérations syndicales existantes, mais portent la revendication de la réunification syndicale dans une seule et puissante confédération. dans l’attente d’une telle réunification, nous appelons nos membres à y adhérer pour établir un lien direct avec tous les travailleurs.

Nous refusons également la division artificielle entre travailleurs en activité, en alternance, privés d’emplois, lycéens et étudiants : nous avons les mêmes problèmes, nous passons souvent d’un statut à l’autre. Pour être efficaces et maintenir une organisation stable, nous devons donc disposer d’un outil de lutte qui maintienne des liens entre nous.

Grâce aux Jeunesses syndicalistes, nous entendons mener des luttes collectives et durables.

  • Améliorer nos qualifications, nos diplômes et donc la fierté d’être de ceux et de celles qui, malgré les conditions d’exploitation capitaliste, produisent les biens et les services nécessaires à la population.
  • Redynamiser la culture ouvrière d’un travail bien fait face à ceux qui, pour des impératifs de rentabilité, le sabotent.
  • Agir sur les problématiques qui concernent les jeunes travailleurs : logement, réforme de la formation professionnelle, de l’université, précarité…
  • Lutter contre l’isolement et le repli en refaisant du syndicat un outil de sociabilité dépassant le cadre de l’entreprise, du lieu de formation. il ne s’agit donc plus de suivre le calendrier de l’adversaire ou de multiplier les agitations sans lendemain. c’est à nous de prendre l’initiative !

En reprenant le nom des Jeunesses syndicalistes, nous voulons nous réapproprier l’expérience de cette puissante organisation qui existait autrefois. organisation interne à la CGT unifiée, elle agissait avec efficacité et en lien avec les forces de la confédération. Les Jeunesses syndicalistes ont été un modèle, inspirant nombre d’organisations ouvrières dans le monde entier.

C’est cette capacité d’organisation et cette culture de la victoire que nous voulons faire renaître. alors, créez des Jeunesses syndicalistes dans votre lycée, dans votre CFA, dans votre université, dans votre syndicat professionnel, dans votre union locale !

LE SYNDICALISME, C’EST QUOI ?

Le moyen de nous organiser collectivement en dehors des idéologies politiques, philosophiques ou religieuses. Ce n’est pas une assurance travail ou sociale fournissant ponctuellement quelques services à des personnes isolées. Le syndicalisme doit retrouver sa nature émancipatrice et à tous les niveaux de son action (dans les entreprises, dans les quartiers, dans les centres d’éducation et de formation, sur le terrain culturel).

Par le syndicalisme, nous pourrons reconstruire une culture et une organisation sociale puissantes afin que la jeunesse et toute la population disposent d’une vie sociale.

La bourgeoisie tente de nous imposer son modèle communautariste et la société de consommation ne nous offre que des marchandises et des loisirs individualistes. Face à ces poisons, nous estimons que la culture doit être partagée par tous les travailleurs, c’est-à-dire être sociale. Cette culture de classe fraternelle est la condition première à toute transformation sociale. Car si nous ne construisons pas, dès aujourd’hui, une contre-société face au capitalisme, jamais nous ne disposerons de l’expérience suffisante pour changer de société. Si tout ce qui existe dans la société est le fruit du travail, le syndicat étant l’organisation de défense des travailleurs, alors le syndicalisme doit être le fer de lance de notre libération et base de réorganisation sociale.

Les JS, c’est quoi ?

Les Jeunesses syndicalistes (JS) sont une organisation syndicale de jeunes travailleurs ou en formation (filières générales et professionnelles des lycées, universités, centres d’apprentissage) visant à défendre leurs intérêts dans les domaines économiques, politiques et culturels via :

  • l’entraide (conseils, orientation et actions autour de problématiques spécifiques comme le logement, la formation professionnelle, la précarité, la désocialisation, etc.)
  • la formation (politique, culturelle, syndicale, historique, professionnelle)
  • la sociabilité (sport ouvrier et populaire, concerts et projections de film, loisirs autogérés, fêtes, etc.).

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