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Lettre ouverte des Jeunesses Syndicaliste aux camarades de la Fédération Syndicale Etudiante

Pour un débat serein et constructif sur les outils de la victoire

Cher-e-s camarades de la nouvelle FSE,

Nous nous réjouissons de votre démarche qui consiste à clarifier et réhabiliter des moyens et des pratiques syndicales de lutte qui n’étaient plus en phase avec l’UNEF. Nous vous soutenons donc et vous souhaitons tous nos vœux de réussite. Profitant de votre initiative, et avant votre congrès constitutif de fin juin, permettez-nous d’engager avec vous une réflexion concernant votre « vision du syndicalisme » et des propositions.

Au vu des défaites répétées depuis une dizaine d’années concernant les « mobilisations jeunes », notamment étudiantes, il nous semble nécessaire que nous échangions ensemble sur les outils de la victoire et que nous tirions le bilan de ce qui a marché et de ce qui n’a pas marché chez les organisations et générations précédentes, lycéennes et étudiantes. Loin de nous l’idée de faire la leçon, nous avons à apprendre mutuellement de l’histoire et de nos expériences.

Les Jeunesses Syndicalistes (JS) se sont reformées en septembre 2018, rassemblant des jeunes de la CGT mais aussi d’autres organisations, afin de préparer une plate-forme de textes pour les mouvements à venir. Ces textes se sont retrouvés dans plusieurs villes comme support d’une mobilisation lycéenne qui fut livrée à elle-même (le bilan de ce mouvement, par nos soins, est disponible sur notre site). Nous disons « re »formées car les JS sont le nom historique des jeunes syndicalistes de la CGT structurés avant et après la première guerre mondiale. Nous nous inspirons de ce modèle, et avons l’ambition de reformer un mouvement syndical de jeunesse fort rassemblant lycéen-nes des filières pro. et générales, étudiant-e-s, jeunes travailleurs-euses, privés d’emplois et précaires. Ce mouvement de jeunesse, nous entendons l’affilier au moment venu à la confédération syndicale de classe CGT. Nous considérons que les différents secteurs de la jeunesse ont comme point commun : la précarité, des problèmes liés à l’accès au logement, à la formation, à la sociabilité et à la culture. Sur ces points, une organisation liant le tout est indispensable.

Pour nous, la FSE se pose les bonnes questions et a une analyse de la situation très proche de la nôtre. Nous attendions donc beaucoup du processus qu’avait engagé la TUAS en sein de l’UNEF jusqu’à ce qu’elle quitte l’organisation étudiante historique. Il nous semblait que la TUAS se rapprochait de la CGT avec le développement de syndicats étudiants et lycéens CGT (que nous soutenons). Nous sommes donc étonnés de la tournure qu’a pris pour l’instant le processus de scission, à savoir déboucher sur une nouvelle organisation étudiante, reproduisant (semblerait-il) les mêmes erreurs que les générations précédentes. Car l’effondrement des organisations de jeunesse vient essentiellement du fait que cette jeunesse est restée trop longtemps cloisonnée en organisations spécifiquement lycéennes et spécifiquement étudiantes, sans lien concret avec les organisations de classe et de masse. Ce constat nous semble donc contradictoire avec ce que vous affirmez dans le point 5 « Nous refusons de nous enfermer dans un entre-soi militant coupé des masses et tirons cette leçon du bilan des organisations nous ayant précédés ».

Nous ne remarquons pas la « massification » de l’entrée des classes populaires dans le supérieur dont vous parlez dans le « 1er Point : Sur la lutte des classes dans l’Enseignement supérieur ». Depuis plus de 5 ans, le phénomène s’est au contraire inversé. L’application catastrophique de Parcours-sup, l’augmentation des frais d’inscriptions, des loyers, des prix des services du CROUS et des mutuelles étudiantes ; la concentration progressive des étudiant-e-s autour de pôles géographiques alignés sur la réforme des régions et l’autonomie des universités ; la perte de reconnaissance des diplômes et des filières, notamment en Licence, ainsi que l’allongement du temps de travail allant avec les réformes de la retraite sont au contraire en train d’éloigner les jeunes issus des milieux populaires. L’université a tendance à redevenir l’institution d’élite qu’elle était il y a plus d’un siècle en étant une fac ouverte aux intérêts privés et fermée aux enfants d’ouvriers. Dans ces conditions, un syndicalisme spécifiquement étudiant n’est-il pas tout autant un syndicalisme d’élite ? C’est-à-dire corporatiste.

Ce syndicalisme spécifiquement étudiant que vous semblez vouloir maintenir pour le moment, est, selon nous, très éloigné de ce que vous exposez dans les points 2 et 3sur les travailleuses et travailleurs en formation et sur le syndicalisme étudiant. Il nous semble faux et contradictoire de dire que «  Cette matérialisation de la lutte des classes nécessite la reconnaissance d’une forme particulière de syndicalisme : le syndicalisme étudiant. » Au contraire, la matérialisation de la lutte des classes nécessite la reconnaissance particulière du syndicalisme de classe. Or le syndicalisme étudiant, dont l’existence repose sur les « masses étudiantes » (différentes des « masses » dans une analyse de classe) et sur l’adhésion en tant qu’étudiant avec des problématiques spécifiques, n’est pas du syndicalisme de classe. Car ce qui caractérise le syndicalisme de classe, c’est l’adhésion au syndicat de par son identité et son intérêt de classe (en l’occurrence le prolétariat, la classe ouvrière), mais surtout la volonté de casser les cloisonnements que nous imposent nos adversaires et unifier la classe sur des bases pratiques communes en vue d’émancipation.

Par exemple, dans le syndicalisme professionnel, le syndicalisme de classe incarné par la CGT (dont l’identité et la stratégie sont définies par la Charte d’Amiens de 1906), a toujours veillé, historiquement, à lutter contre les syndicats d’entreprises et les corporatismes en privilégiant les syndicats d’industrie par localité et l’aspect interprofessionnel de la confédération. Ainsi, un syndicat ou une fédération qui n’est pas affilié à la confédération syndicale de classe ne peut pas faire du « syndicalisme de classe » même s’il s’en revendique et s’il en est convaincu. Le syndicalisme de classe n’est pas un slogan ou une posture, c’est bien une pratique qui ne peut exister qu’avec l’organisation adéquate. C’est-à-dire une confédération syndicale de classe et de masse, comme la CGT.

Nous partageons votre analyse concernant la prolétarisation et la précarisation des étudiant-e-s. En cela, il serait d’autant plus logique, pour nous, de rompre au plus vite avec le syndicalisme étudiant qui est la base des échecs de ces dernières années. Les étudiant-e-s travaillent et leur cursus de formation est professionnel. L’organisation syndicale étudiante doit donc rejoindre les organisations syndicales de travailleurs-euses. Cette rupture n’empêche pas la « forme particulière du syndicalisme : le syndicalisme étudiant » que vous voulez garder. Car il suffit simplement de créer des sections syndicales étudiantes à l’intérieur de syndicats lycéens-étudiants-apprentis-privés d’emplois, eux-mêmes rattachés à une fédération nationale de jeunesses syndicalistes, elle-même rattachée à la confédération syndicale de classe. Le lien étudiant-travailleur est alors assuré tout naturellement et a bien cette fois une dimension « de classe » et « de masse ».

Les Jeunesses Syndicalistes vous font donc les propositions suivantes : un rapprochement de la FSE avec les JS en développement, etl’objectif d’unification avec les SEL-CGT dans la confédération. Ceci, afin de structurer et fédérer syndicalement le mouvement de la jeunesse, de partir à l’offensive avec des outils forgés pour la victoire. Il s’agit aussi de peser au cœur des confédérations syndicales de classe qui débattent en interne autour de la syndicalisation des jeunes. Cette syndicalisation est bien évidemment un enjeux prioritaire. De plus, l’implantation et le développement des SEL-CGT, des JS et de la FSE est complémentaire afin d’avoir un maillage national suffisamment conséquent pour impulser des mouvements massifs et coordonnés. La possibilité de rapprochement et de double adhésion est rendue possible par votre « 4ème Point : Sur nos moyens et pratiques syndicales » et le « 9ème Point : Sur l’indépendance syndicale ».

Le climat : tous et toutes coupables ?

Le patronat et le gouvernement répètent continuellement que la seule façon de sauver la planète est de changer nos habitudes quotidiennes… et pourtant ! On estime que :

  • 1/4 de la pollution vient du transport… alors que le ferroviaire subit des attaques répétées qui détruisent de petites lignes rurales et des liaisons inter-cités !
  • 1/4 de la pollution vient des entreprises… beaucoup de patrons mettent tous les jours la santé des travailleuses et des travailleurs en danger en négligeant les formations, les règles d’hygiène et de sécurité, en polluant, comme dans les branches du nettoyage et du BTP.
  • 1/4 de la pollution vient de la consommation individuelle… et on fait culpabiliser les prolétaires qui n’ont pas les moyens de consommer en « éco-responsables ».
  • 1/4 de la pollution vient de l’agriculture… alors que les travailleurs et travailleuses de l’agriculture subissent, en même temps que l’environnement, la loi de la jungle capitaliste ainsi que les nombreuses maladies professionnelles, conséquences à la pollution et au rythme de vie.


La vérité est sous nos yeux : les pollutions viennent majoritairement
des secteurs de nos vies liés au système capitaliste qui nous domine et nous broie !


Ce sont bien les travailleurs, et surtout les travailleuses, de plus en plus poussé-e-s dans la précarité, qui sont logé-e-s dans les endroits où la pollution sonore et aérienne sont les plus fortes.
La situation des étudiant-e-s pauvres et des jeunes travailleurs-euses est encore plus catastrophique !
Regardons l’état des HLM et des cités universitaires : la majorité s’effritent, sont mal isolés, et sont des passoires énergétiques d’un autre temps…
Certaines associations écologistes conseillent de mettre un pull et de baisser le chauffage… mais il faudrait déjà pouvoir se chauffer tous les jours sans avoir à choisir avec d’autres factures ou dépenses quotidiennes !
Nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles sont causées par les pollutions et l’exposition aux produits chimiques. Il y a plus de morts au travail qu’il y a de morts par les guerres aujourd’hui ! Comment un système qui méprise les travailleurs-euses pourrait prendre soin de la planète ?! En tant qu’organisation syndicale, nous luttons pour le droit à la vie, digne, sans pollution ni problèmes de santé.


Parce que le capitalisme « vert » et responsable n’existe pas !
Mobilisons-nous toutes et tous le 15 mars pour un meilleur avenir !
Nous ne voulons plus perdre notre vie à la gagner ! Pour nous et pour après !



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Le 8 mars : mobilisons-nous ! Un cunni et un CDI !

L’année passée, le 8 mars, la grève en Espagne a montré que les femmes et les hommes féministes étaient nombreuses et nombreux à se mobiliser pour l’égalité réelle des droits des femmes. Cette année encore, il nous faut nous mobiliser, toujours plus nombreuses et nombreux pour montrer que l’égalité entre les hommes et les femmes ne doit pas être une exception mais la règle !


Les raisons ne manquent pas de se mobiliser et de combattre les discriminations quotidiennes subit par les femmes :

  • Des milliers de femmes souffrent tous les jours de violences, viols voire meurtres sexistes. (plus de 22 femmes tuées depuis le début de l’année par leur conjoint ou ex-conjoint en France, une femme meurt toutes les 3 minutes d’un avortement clandestin dans le monde, la fête de Pamplune c’est un peu près 200 viols durant le temps de la fête…)
  • Les femmes sont discriminées à travers des préjugés d’une autre époque au quotidien, partout, y compris par l’État et ces services publics : dans la justice, la santé (#payetonutérus), …

Nous exigeons :

  • Une éducation sans préjugés sexistes, des personnels formés, des crèches à l’université !
  • Des lieux de travail sans sexisme et discriminations, à travail égal, salaire égal !
  • Les femmes migrantes doivent avoir les mêmes droits peu importe les papiers ! Et non plus subir une double discrimination !
  • La garantie que tous les moyens de contraceptions (préservatifs, pilule, DIU…), la contraception d’urgence (pilule du lendemain et DIU) et l’avortement soit gratuits et garantis dans leurs accès sans discrimination aucune, et que le délai d’avortement soit rallongé ! C’est à dire des services publics de qualité, gratuits et accessibles à l’heure où le gouvernement veut fermer encore plus de maternités et ferme depuis maintenant une décennie des services d’avortement au nom de la rentabilité !
  • De nouveaux droits afin de renforcer l’égalité face aux tâches ménagères : un congé parentale égalitaire et commun aux deux parents, la fin du travail de nuit pour toutes et tous sauf dans les branches nécessaires (santé par exemple), des moyens de garde assurer par l’employeur
  • Les femmes qui ont les moyens payent, pour éviter la double voir triple journée, des « services à la personne ». Toutes les femmes doivent avoir accès à des services de garde et de soins (enfants, parent) leur permettant de travailler, de souffler, de vivre, de s’épanouir.

Toutes ces raisons et bien d’autres nous poussent à nous mobiliser le 8 mars ! Nous ne pouvons pas laisser la moitié de l’humanité dans la peur, la violence, les discriminations généralisées, la souffrance, les difficultés quotidiennes et la précarité. Chaque recul du droit du travail, chaque hausse du taux de chômage, chaque réforme de retraite d’austérité touche plus les femmes que les hommes. Il faut que cela cesse !



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Mouvement étudiant et lycéen 2018 – Quel bilan ? Quels outils ?

Le vendredi 30 novembre, des dizaines d’établissements généraux et professionnels ont été touchés par la mobilisation lycéenne. Blocages et manifestations se sont répandus avec, comme point de départ un appel du syndicat lycéen UNL sur les réseaux sociaux. Pendant les trois premières semaines de décembre, les lycéens se sont mobilisés en ordre dispersé, alternant chacun dans son coin mobilisation et reprise des cours. Les étudiants, tout aussi divisés et isolés, n’ont pas réglé leurs problèmes d’or ganisation déjà très préoccupants l’année dernière. Retour sur un déroulement problématique et propositions pour une meilleure organisation.

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Mobilisons-nous contre ce nouveau système éducatif

Vendredi dernier, les lycéens étaient des milliers mobilisés dans de nombreuses villes de France, organisant des blocages de leurs établissements et défilant dans les rues. Les revendications sont simples puisque les lycéens s’opposent à Parcoursup et à la loi ORE, au « nouveau bac » et à la réforme des filières, à la réforme de la voie professionnelle.

Pourquoi s’opposer encore à Parcoursup aujourd’hui ?

Parce qu’il n’a réglé aucun des problèmes d’APB, au contraire : il a fait empirer les choses ! Le tirage au sort, par exemple, a continué. Parce qu’il a autorisé la sélection à l’entrée de l’université, excluant des lycéens qui ont pourtant leur bac. Parce que tout et n’importe quoi est devenu un critère de sélection (lieu de résidence, lycée d’origine), rendant possibles toutes les dérives.

Et la loi ORE ?

La loi Orientation et Réussite des étudiants montre la politique méprisante du gouvernement envers les jeunes en général, les lycéens et les étudiants en particulier. Elle est aussi la preuve du choix de société que le gouvernement a fait pour les jeunes : précarité, logements médiocres, formation professionnelle dévalorisée, chômage. Toutes les réformes et lois actuelles sont faites pour nous orienter en fonction des besoins des patrons !
Même si la loi a été votée et en partie mise en place, une mobilisation des jeunes peut faire changer les choses.

La réforme des filières ?

Elle supprime les filières générales (S, ES, L) et les remplace par un tronc commun et trois spécialités à choisir en première, puis deux en terminale. Elle instaure des programmes encore plus lourds, que certaines classes ne pourront pas terminer. Elle fait disparaître beaucoup de spécialités (comme les sciences de l’ingénieur, par exemple) dans des lycées sacrifiés (souvent en zone défavorisée).

Le « nouveau bac » ?

Une grande partie de ce nouveau bac sera évaluée en contrôle continu, ce qui pénalisera les élèves en difficulté. Il ne restera que très peu d’épreuves écrites finales, donc très peu de chances de se rattraper.
Un « grand oral » (selon leur expression) sera créé, là encore source de stress et d’inégalités très grandes entre les élèves (aisance à l’oral, possibilité d’être aidé). En bref, un bac qui n’est plus un diplôme national !

Et pour la voie professionnelle ?

Les matières générales (français, maths, histoire-géo…) perdent beaucoup d’heures, comme si les futurs bouchers n’avaient pas besoin d’avoir accès à l’éducation et à la culture…
Dans le bac pro en trois ans, il y aura une première année généraliste (celui qui veut faire plombier sera obligé de faire d’abord une année commune à tous les métiers du bâtiment). La spécialisation n’interviendra qu’en deuxième et troisième années. Autant dire que ce sera trop court pour bien apprendre son métier !

Au final, ce que veut le gouvernement, c’est faire perdre de la valeur aux diplômes professionnels ! Face à tous ces dangers qui pèsent sur l’éducation, soyons acteurs de notre avenir et mobilisons-nous collectivement !

Apprentissage – Comment galérer pour entrer dans une galère ?

Le gouvernement vient de lancer la énième réforme de l’apprentissage, intégrée à la loi Liberté de choisir son avenir professionnel. Cette réforme multiplie les mesures pour inciter les jeunes à s’orienter vers cette filière de formation. Mais elle offre surtout de nouvelles libertés d’exploitation aux employeurs !

Car ce que ne disent pas le gouvernement et le MEDEF, c’est que les dernières lois se sont soldées par des échecs. En 20 ans, le nombre d’apprenti.e.s est passé de 300 à 400 000. Mais cette augmentation est obtenue uniquement par l’extension de ce contrat de travail dans le supérieur. Pour les CAP-BEP et les BAC-Pro, la chute est massive.

Ces résultats calamiteux sont donc de la responsabilité des patrons. Ils ne veulent embaucher que des apprenti.e.s déjà qualifié.e.s (de Niveau IV, c’est-à-dire bachelier.ère.s).

Mais une fois le contrat signé, la galère continue. D’après les derniers chiffres, presque un contrat d’apprentissage sur trois (29%) est rompu avant la fin. Et plus d’un.e apprenti.e sur cinq laissera complètement tomber, sans signer de nouveau contrat. Dans certains secteurs, comme l’hôtellerie-restauration, c’est presque la moitié !

Tout ça, à cause des conditions de travail, d’une mauvaise orientation et de problèmes de logement ou de transport. Au lieu d’essayer d’améliorer la situation des apprenti.e.s, dans leur emploi ou dans leur vie, le gouvernement s’est lancé dans une course délirante pour essayer de « vendre » l’apprentissage aux patrons :

  • Exonérations à gogo : c’est la mort du système de protection sociale. Car sans cotisation sociale, plus de financement de la Sécu !
  • Fin du contrôle public sur les ouvertures de CFA. N’importe qui pourra ouvrir un CFA, ce qui nous mettra encore plus à la merci des patrons et des organismes de formation qui veulent magouiller
  • Autorisation des horaires atypiques : les heures de travail qui changent chaque semaine ou le travail de nuit, c’est pas ça qui va améliorer nos conditions de travail
  • Ouverture de l’apprentissage sur des pseudo-diplômes, titres professionnels ou bientôt certificats de branche
  • Uniquement des enseignements techniques et presque plus de matières générales. Loin d’améliorer nos qualifications, le gouvernement persiste et signe : nous sommes voué.e.s à être de la chair à patron, formaté.e.s pour bosser sans réfléchir
  • Recul de l’âge maximum à 30 ans : pour être bien sûr qu’on reste avec des contrats précaires jusqu’au plus tard possible

 

L’impasse de l’apprentissage patronal

Rien qu’en Île-de-France, il y a déjà 3 500 jeunes (presque 5%), inscrits en CFA, mais sans employeurs.ses. Et sans parler de ce qui se passe dans les autres régions, et sans parler de ceux qui n’arrivent même pas à trouver une place en CFA. C’est une situation délirante.

Et c’est encore plus délirant quand on pense que le gouvernement veut faire des CFA la seule filière d’enseignement professionnel. C’est quoi l’objectif ? Des CFA remplis d’apprenti.e.s « sans employeur.se » (si, si, c’est un statut qui existe), qui enchaîneront des stages vaguement indemnisés ?

Avec Parcours Sup, le gouvernement a imposé la sélection dans l’éducation publique. Il nous propose désormais l’impasse de l’apprentissage patronal.

Alors mobilisons-nous pour un véritable système de formation, sous contrôle syndical pour assurer sa qualité. Il faut redonner du contenu à nos diplômes. Ce système doit être financé, comme les retraites, par des cotisations sociales.

Nous sommes la proie de la spéculation immobilière

Le logement a toujours été un élément central de la domination capitaliste. Autrefois, les patrons fournissaient un logement à leurs salariés. Ils pouvaient ainsi les contrôler. les projets d’urbanisme ont ensuite servi à expulser les prolétaires des centres-villes pour les parquer dans des zones isolées. Car le quartier est également un enjeu de contrôle politique des lieux de vie. alors, il faut isoler et désocialiser les classes dominées !

En réponse, le mouvement syndical s’est engagé dans cette bataille dès sa création. la Cgt a impulsé, il y a plus de cent ans, des syndicats de locataires. Des luttes ont également été menées pour développer le logement social (HLM, foyers de jeunes travailleurs, appartements du Crous). Ainsi, chaque travailleur bénéficie de cotisations sociales sur sa feuille de paye. C’est le fameux 1 % patronal destiné à financer la construction et l’accès à des logements sociaux. mais l’individualisme nous a amenés à abandonner cette bataille. nous sommes alors devenus des proies faciles.

Bosse pour payer ton loyer !

La politique des différents gouvernements a été axée sur « l’aide à la pierre ». Elle consiste à aider les spéculateurs à acheter des logements pour qu’ils puissent ensuite nous les louer. Cela favorise une hausse artificielle des biens et des revenus de l’immobilier. les jeunes travailleurs (actifs ou en formation) sont alors dépendants des aides publiques (APL et mesures d’assistanat).

Dans les agglomérations, la survie des jeunes travailleurs devient ainsi plus dure chaque année. elle nous contraint à des colocations de plus en plus tendues et à vivre dans des cages à lapins. les salariés en CDI sont incités à emprunter sur vingt-cinq ou trente ans et à sacrifier leur vie sociale.

Les dernières réformes vont accentuer cette crise antisociale : baisse des APL et du financement des organismes HLM, austérité imposée aux Crous, vente de milliers de logements sociaux, politique de colonisation bourgeoise des centres ville par des projets de rénovation, liquidation du 1 % patronal. Au-delà de la recherche des profits, l’objectif est également de nous pousser à nous replier dans notre petit appartement ou notre lotissement et à nous renfermer sur nous-mêmes dans un cadre exclusivement familial.

Socialisons les logements !

Nous devons sortir de l’individualisme qui consiste à chasser un hypothétique logement bon marché ou une bonne affaire. Notre énergie doit être collectivisée pour trouver une véritable solution au logement. nous devons construire un mouvement de lutte qui impose notre droit au logement.

  • Respect du 1 % de cotisations patronales sur notre feuille de paye, avec gestion intégrale par les confédérations syndicales
  • Construction massive de logements sociaux autour de lieux de vie autogérés par les locataires.
  • Arrêt de la spéculation immobilière par le blocage des prix des terrains et par le contrôle de la qualité des constructions.
  • Campagne d’occupation des logement et des bureaux vides.

 

Cette lutte doit être menée dans les entreprises, dans les universités, CFA et dans les quartiers. Les jeunes prolétaires vont être le fer de lance de cette lutte.

Les bourgeois nous voient comme des pigeons, montrons-leur que nous sommes des fauves !

L’université selon Parcour’sup

Parcoursup devait remplacer Admission post-bac et en résoudre les carences, notamment le tirage au sort (que bien sûr on ne cautionne pas) après les scandales de 2017. Les procédures s’annonçaient « claires, justes et transparentes ». On a été servis !

Pour la clarté, on repassera : malgré les guides d’utilisation et les reportages dans les médias et sur le site de Parcoursup lui-même, de nombreux lycéens et leurs familles ont évoqué de lourdes difficultés dans l’utilisation de la plate-forme, jusqu’à ne pas trouver la formation qu’ils recherchaient. la justice ? comme avec aPB, de nombreux étudiants sont restés de longs mois dans l’angoisse, attendant les différentes vagues de réponses, et 3 000 au moins restent encore aujourd’hui sans aucune proposition. la transparence sur les chiffres étant pour le moins aléatoire et plus que jamais dépendante des interprétations que l’on veut bien en faire, difficile d’être plus précis… Quant à l’équité dans le recrutement, si on aurait pu saluer la fin théorique du tirage au sort, on peut s’interroger sur la justice et la transparence des critères, presque jamais rendus publics par les universités et que les responsables de formation peuvent, semble-t-il, fixer tout à fait librement. D’autant que, finalement, dans certaines formations universitaires, les dossiers étant tellement nombreux et le départage humainement impossible à réaliser, les pratiques de tirage au sort ont continué. tirage au sort qui avait fait tant de bruit l’an dernier… alors qu’il ne concernait que 2 400 bacheliers, soit 0,4 % du total des inscrits sur aPB ! on voit donc que la réforme n’était pas faite pour assurer davantage de justice entre les bacheliers…

Outre Parcoursup, qui introduit une sélection à l’entrée à l’université, la loi orientation et réussite des étudiants comprenait d’autres volets, dont notamment, la fin du régime spécifique de sécurité sociale des étudiants ! on peut aussi poser la question du « débat démocratique » en voyant l’agenda de sa mise en place : la loi n’a été promulguée que le 8 mars 2018, après avoir été adoptée par l’assemblée nationale et le sénat le 15 février. les lycéens devaient s’inscrire et « saisir leurs vœux » entre le 22 janvier et le 13 mars. et l’avant-projet n’a été présenté à l’assemblée nationale qu’en décembre 2017… Vous avez dit « baclé » ?! cette précipitation dans le processus et l’urgence imposée aux enseignants pour remplir le logiciel laissaient donc peu de place au débat. les enseignants ont d’ailleurs, pour beaucoup, perçu la sélection déguisée, abusive et à la limite de la légalité via le logiciel Parcoursup : tout, sans aucune limite, semble pouvoir devenir un critère que l’on transformera en note chiffrée ! De nombreux départements, voire des facultés entières, se sont prononcés contre Parcoursup, refusant d’en remplir les critères puis, par la suite, de classer les candidats et de trier les candidatures. Par ailleurs, des sanctions pourraient avoir été prises contre les récalcitrants. la seule amélioration notable semble être la suppression officielle du tirage au sort. soit. Pour le reste, on garde les mêmes problèmes et on continue, en complexifiant encore le travail des équipes enseignantes. 70 % des lycéens devaient avoir obtenu une réponse avant les premières épreuves du bac le 22 mai, c’était la promesse du gouvernement. aucun chiffre officiel n’a finalement été publié. le logiciel a été suspendu pendant les épreuves du bac, puis les réponses ont continué en « phase principale » jusqu’au 26 juin (là encore, aucun chiffre…), date à laquelle a été ouverte la phase complémentaire, qui doit durer jusqu’au 21 septembre. là encore, ça pose pas mal de questions : la plupart des universités étant fermées du 15 juillet au 15 août et la majorité des formations commençant désormais sur un calendrier très proche du calendrier scolaire, à quoi rime cette date du 21 septembre ? les derniers lycéens affectés le seront donc après le début des cours, dans certains cas même après la fin des inscriptions. De même, pendant l’été, les délais de réponse accordés aux lycéens étaient très courts : trois jours du 26 juin au 20 août, puis seulement un jour à partir du 21 août ! sans réponse, la place est perdue. Vacances sereines en perspective ! sans compter que cela impose de pouvoir consulter Internet plusieurs fois par jour. au-delà de toutes ces considérations qui peuvent paraître techniques pour ceux qui ne se sentent pas concernés, on se rend surtout compte de la médiocrité des politiques publiques et du choix de société qui est fait à travers Parcoursup. c’est là un plan politique global que l’on retrouve partout et où les jeunes sont en premier visés ! Précarité, logement, formation professionnelle, désocialisation, chômage… toutes les réformes et lois actuelles sont faites pour nous orienter en fonction des besoins des patrons et des capitalistes.

Pour renverser la balance, il faut agir collectivement, être acteurs et non spectateurs. Alors rejoins-nous, rejoins les Jeunesses syndicalistes !

 

Quelles solutions pour les « déçus » ?

  • Accepter une formation qui ne leur plaît pas ou ne correspond pas à leur projet personnel ou professionnel. Désormais, les jeunes ne classent plus leurs vœux par ordre de préférence et ils ont eu une affectation qui figurait parmi leurs voeux sans qu’il s’agisse de leur souhait préférentiel. Il en est même parfois très loin : des langues à la place de Staps, mais le logiciel considère alors que c’est un lycée qui a eu une proposition ! Combien d’entre eux vont abandonner la première année et se retrouver sans rien ?
  • Opter pour la même formation dans le privé : hors de type licence dans le commerce. À condition le cas notamment de nombreux Bts et de formations de nne juste pour les frais d’inscription. Parde pouvoir consacrer au moins 5 000 euros par an en moye marchandisation de l’enseignement, dans coursup se révèle donc un formidable accélérateur de la regarder le nombre de boîtes qui proposent le supérieur en particulier, mais pas seulement. Il suffit de n à leur place pour la plate-forme. aux futurs bacheliers de rédiger cV et lettres de motivatio er les doigts ! Depuis plus de vingt ans, le
  • Attendre un an et « améliorer son dossier »… et crois au nombre de nouveaux bacheliers. alors, nombre de places créées dans le supérieur est inférieur du 42 dans du 36 ! aPB ou Parcoursup, peu importe : on ne fera pas entrer

Des Jeunesses Syndicalistes, pour quoi faire ?

Depuis plusieurs années, le mouvement de la jeunesse connaît une série d’échecs lors de ses mobilisations. Les luttes ont du mal à s’organiser localement et encore plus à un niveau national. Or, les principales batailles concernent des enjeux nationaux, voire à plus grande échelle.

Les mouvements sociaux de 2016 et du printemps 2018 ont été révélateurs de cet état de fait. ce constat est d’autant plus déroutant que les victoires sociales passées furent le fruit de l’implication massive des jeunes travailleurs dans les luttes revendicatives.

Les jeunes ne se syndiquent plus, ne rejoignent pas les organisations qui leur permettraient de se construire un avenir collectif. nous ne pouvons nous contenter d’une radicalité de façade, il nous faut reconstruire et réinvestir des outils de lutte qui, lorsqu’ils sont bien utilisés, ont prouvé leur efficacité par le passé.

Ce n’est pas un hasard si les échecs des mouvements sociaux d’aujourd’hui coïncident avec la décomposition des organisations de jeunes. Les conséquences sont désastreuses pour l’ensemble des travailleurs, mais surtout pour la jeunesse. on peut le voir dans les filières générales avec l’application de Parcoursup. dans les filières professionnelles, c’est encore plus vrai avec les réformes de l’apprentissage et de l’enseignement professionnel, la multiplication des stages abusifs et l’instauration des « cdi de chantier ».

Nous, jeunes travailleurs et travailleuses, subissons de plein fouet les mutations du travail et les politiques antisociales des gouvernements bourgeois qui se succèdent. c’est vrai pour tous les jeunes prolétaires, c’est-à-dire ceux qui doivent vendre leur force de travail aux capitalistes. Que nous soyons en formation (lycéens, étudiants ou en alternance), en cdi, privés d’emplois ou précaires, nous sommes les plus touchés par l’instabilité professionnelle, politique et économique. nous occupons les postes les plus exposés, les moins considérés, sans protection et sans appuis, contraints de suivre des formations de plus en plus dévalorisées, difficiles d’accès et de moins en moins qualifiantes. notre avenir se résume, chaque jour davantage, à survivre pour servir une classe de profiteurs.

La jeunesse a besoin d’une organisation syndicale

Nous partageons largement ce constat et ces difficultés, mais, pour autant, cela ne provoque pas notre implication massive dans l’action collective. elle est pourtant indispensable, car nous sommes le pilier fondamental des mobilisations, le principal pivot dans la réussite des futures luttes.

Jamais la jeunesse travailleuse n’a eu autant besoin d’une organisation syndicale qu’aujourd’hui. Car le seul moyen de revendiquer collectivement et de faire pencher le rapport de forces en notre faveur, c’est de s’organiser et d’agir collectivement de façon autonome.

Nous ne voulons pas créer une nouvelle organisation parmi la multitude d’appareils, groupusculaires ou non, qui s’agitent dans la rue et qui ne disposent d’aucune indépendance d’action. La plupart sont dirigés par des meneurs qui se disposent ensuite à rejoindre les rangs du patronat ou de la bureaucratie politicienne. Pour rassembler des secteurs massifs de la jeunesse, nous devons donc disposer d’une vraie organisation syndicale indépendante, dans la tradition de la CGT historique et de sa charte d’amiens.

Les Jeunesses syndicalistes n’agissent pas en concurrence avec les confédérations syndicales existantes, mais portent la revendication de la réunification syndicale dans une seule et puissante confédération. dans l’attente d’une telle réunification, nous appelons nos membres à y adhérer pour établir un lien direct avec tous les travailleurs.

Nous refusons également la division artificielle entre travailleurs en activité, en alternance, privés d’emplois, lycéens et étudiants : nous avons les mêmes problèmes, nous passons souvent d’un statut à l’autre. Pour être efficaces et maintenir une organisation stable, nous devons donc disposer d’un outil de lutte qui maintienne des liens entre nous.

Grâce aux Jeunesses syndicalistes, nous entendons mener des luttes collectives et durables.

  • Améliorer nos qualifications, nos diplômes et donc la fierté d’être de ceux et de celles qui, malgré les conditions d’exploitation capitaliste, produisent les biens et les services nécessaires à la population.
  • Redynamiser la culture ouvrière d’un travail bien fait face à ceux qui, pour des impératifs de rentabilité, le sabotent.
  • Agir sur les problématiques qui concernent les jeunes travailleurs : logement, réforme de la formation professionnelle, de l’université, précarité…
  • Lutter contre l’isolement et le repli en refaisant du syndicat un outil de sociabilité dépassant le cadre de l’entreprise, du lieu de formation. il ne s’agit donc plus de suivre le calendrier de l’adversaire ou de multiplier les agitations sans lendemain. c’est à nous de prendre l’initiative !

En reprenant le nom des Jeunesses syndicalistes, nous voulons nous réapproprier l’expérience de cette puissante organisation qui existait autrefois. organisation interne à la CGT unifiée, elle agissait avec efficacité et en lien avec les forces de la confédération. Les Jeunesses syndicalistes ont été un modèle, inspirant nombre d’organisations ouvrières dans le monde entier.

C’est cette capacité d’organisation et cette culture de la victoire que nous voulons faire renaître. alors, créez des Jeunesses syndicalistes dans votre lycée, dans votre CFA, dans votre université, dans votre syndicat professionnel, dans votre union locale !

LE SYNDICALISME, C’EST QUOI ?

Le moyen de nous organiser collectivement en dehors des idéologies politiques, philosophiques ou religieuses. Ce n’est pas une assurance travail ou sociale fournissant ponctuellement quelques services à des personnes isolées. Le syndicalisme doit retrouver sa nature émancipatrice et à tous les niveaux de son action (dans les entreprises, dans les quartiers, dans les centres d’éducation et de formation, sur le terrain culturel).

Par le syndicalisme, nous pourrons reconstruire une culture et une organisation sociale puissantes afin que la jeunesse et toute la population disposent d’une vie sociale.

La bourgeoisie tente de nous imposer son modèle communautariste et la société de consommation ne nous offre que des marchandises et des loisirs individualistes. Face à ces poisons, nous estimons que la culture doit être partagée par tous les travailleurs, c’est-à-dire être sociale. Cette culture de classe fraternelle est la condition première à toute transformation sociale. Car si nous ne construisons pas, dès aujourd’hui, une contre-société face au capitalisme, jamais nous ne disposerons de l’expérience suffisante pour changer de société. Si tout ce qui existe dans la société est le fruit du travail, le syndicat étant l’organisation de défense des travailleurs, alors le syndicalisme doit être le fer de lance de notre libération et base de réorganisation sociale.

Les JS, c’est quoi ?

Les Jeunesses syndicalistes (JS) sont une organisation syndicale de jeunes travailleurs ou en formation (filières générales et professionnelles des lycées, universités, centres d’apprentissage) visant à défendre leurs intérêts dans les domaines économiques, politiques et culturels via :

  • l’entraide (conseils, orientation et actions autour de problématiques spécifiques comme le logement, la formation professionnelle, la précarité, la désocialisation, etc.)
  • la formation (politique, culturelle, syndicale, historique, professionnelle)
  • la sociabilité (sport ouvrier et populaire, concerts et projections de film, loisirs autogérés, fêtes, etc.).

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